May 1, 2015 | Events

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May 19-21 in Niamey, Niger

Au Niger, la dégradation des terres est un facteur important contribuant à la faible productivité agricole, l’insécurité alimentaire et à la pauvreté. Ainsi, plus de 200.000 ha de terres arables sont dégradées chaque année du fait des variabilités climatiques ou des interventions par l’homme.

Pour lutter efficacement contre ces contraintes et accroître la performance de l’économie du pays, le Niger s’est lancé dès 2007, avec l’appui des partenaires au développement, dans l’élaboration de son Cadre Stratégique d’Investissement en matière de Gestion Durable des Terres, élément central de l’approche programmatique des investissements en zone rurale.

Ce Cadre, appelé “Cadre Stratégique d’Investissement de la Gestion Durable des Terres (CS-GDT) au Niger et son Plan d’investissement 2015-2029” a été adopté par le Gouvernement par décret N°2014-726/PRN/MESU/DD du 26 novembre 2014. Ainsi, le Gouvernement de la République du Niger accorde une priorité aux actions de GDT et le document constitue aussi un outil de plaidoyer pour accroître l’investissement de l’Etat en faveur de la Gestion Durable des Terres sur la période 2015-2029.

De ce fait, le Cadre Stratégique du Niger sur la Gestion Durable des Terres (CS-GDT) est considéré comme un outil pertinent de mise en œuvre des plans et programmes nationaux de lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques, de lutte contre la perte de la diversité biologique et d’amélioration de la productivité agricole.

Le document est le fruit d’un travail participatif et itératif entre les institutions nationales concernées, les représentants de la société civile, les partenaires techniques et financiers dont entre autres le Mécanisme Mondial, la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le NEPAD et TerrAfrica. Le Gouvernement du Niger salue l’engagement de ces partenaires et en appelle, de tous ses vœux, les autres partenaires du Niger à leur emboiter le pas, pour répondre au Défi de Bonn sur la restauration des paysages.

Le CS-GDT, actuellement adopté par le Gouvernement, a un coût global de 2.842 millions de dollars US pour la période 2015 – 2029. Il est un élément central de l’approche programmatique des investissements sur la Gestion Durable des Terres et des Eaux (GDTE) au Niger. Ce montant financier correspond à une programmation moyenne annuelle de l’ordre de 190 millions de dollars US.

Il a pour objectif global de prioriser, planifier et orienter la mise en œuvre des investissements actuels et futurs en matière de GDT à la fois par le secteur public et privé et avec tous les acteurs du niveau local au niveau national.

La Vision définie dans le CS-GDT est de permettre : « A l’horizon 2029, la mise en place d’un partenariat dynamique entre les différents acteurs qui contribue à la restauration des terres dégradées et à une meilleure gestion des écosystèmes et de leurs ressources».
Pour accomplir cette vision, les principales priorités d’investissement identifiées dans le CS-GDT  sont :

  • L’amplification des pratiques de la GDT éprouvées au Niger pour restaurer et renforcer la productivité des ressources naturelles ;
  • Le soutien aux actions d’envergure par la création d’un bois dans chaque village appelé « Un Village – Un Bois » ;
  • La mise en œuvre de l’approche paysagère et des actions d’échelle en matière d’agriculture intelligente ;
  • L’investissement dans des mesures d’accompagnement et la création d’emploi en particulier pour les jeunes et femmes.

De manière plus explicite, le CS-GDT constitue un tableau de bord permettant de coordonner de manière plus harmonieuse et cohérente l’allocation des ressources pour le financement et l’amplification des actions de Gestion Durable des Terres, notamment pour atténuer l’insécurité alimentaire au Niger.

Les travaux à haute intensité de main d’œuvre prévues par le CS-GDT porteront entre autres sur la récupération des terres dégradées, la fixation de dunes, l’ensemencement des herbacées, la réalisation des pare-feu et le faucardage des adventices. Pour cette catégorie d’activité, les réalisations physiques attendues dans la mise à l’échelle de la GDT se chiffrent à environ 3,2 millions d’ha de terres dégradées traitées et 145.000 km de haie-vive, brise vents, plantations d’alignement et 40.900 km de bande de pare-feu. Ces réalisations seront exploitables pour des productions alimentaires soutenues.

En plus des réalisations physiques, c’est plus de 592 millions de US$ sous forme de Cash for Work qui seront transférés aux populations rurales bénéficiaires des travaux et plus de 115 millions hommes/jours de main d’œuvre qui seront mobilisés correspondant ainsi à environ 820.000 emplois de six (6) mois créés au niveau national.

Aussi, pour la période 2015-2029, les investissements directs en milieu rural s’élèveront à 2710 millions de US$. Ainsi, La mise à l’échelle des techniques GDT prévues dans le CS-GDT est un investissement rentable. Les réalisations techniques et financières attendues de certaines activités auront un impact sur le rendement des productions alimentaires. La hausse de la production agricole serait de 2.469.000 tonnes et cela pourrait nourrir 12.996.500 personnes supplémentaires et réduire ainsi la facture d’importation des céréales au Niger à hauteur de 7800 millions de US$.

Afin de mobiliser des fonds pour atteindre les objectifs du CS-GDT, le Gouvernement du Niger organise un forum de concertation Etat – Partenaires sur le financement de la GDTE. L’avènement est prévu à Niamey du 19 au 21 mai 2015. Ce forum aura pour objectifs de présenter aux différents acteurs le Cadre Stratégique sur la GDTE, de solliciter les engagements des partenaires techniques et financiers pour accompagner les efforts de l’Etat dans l’investissement et la mise à l’échelle des actions de GDTE au Niger.

Les ressources potentiellement mobilisables à travers la coopération internationale constitueront un appui essentiel et déterminant pour l’exécution des actions envisagées complétant les efforts du Gouvernement qui a fait de l’Initiative 3N  « les Nigériens Nourrissent les Nigériens» un moyen pour inverser les tendances de la dégradation des terres et l’insécurité alimentaire.



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